
Tu n’es pas obligée de tout porter
Et toi, qui prend soin de toi ?
Est-ce que tu as l’habitude que l’on compte toujours sur toi ? Que l’on s’appuie sur toi ? Tu es celle qui gère, qui porte, qui règle les soucis, qui conseille, qui accompagne, qui rassure, qui console. Tu te retrouves souvent à faire tout cela par plaisir, parce que tu aimes aider, parce que tu aimes voir les autres aller mieux. Et parfois, tu le fais aussi indépendamment de ta volonté, presque naturellement, comme si c’était devenu ton rôle. Tu t’oublies pour les autres, tu te sacrifies pour faire exister les autres. Mais toi, qui pense à toi ? Qui prend soin de toi ?
Tu t’accordes peut-être des moments de repos, oui. Mais est-ce qu’ils sont suffisants ? Est-ce que ce repos te fait réellement du bien ? Est-ce que tu arrives à te reposer sans devoir intervenir, même un petit instant, pour quelqu’un d’autre ? Est-ce que tu as déjà réussi à passer trois jours entiers à te reposer pleinement, sans avoir à gérer quelque chose pour quelqu’un ? Ou est-ce que tu as du mal à t’arrêter ? Est-ce que, pour toi, t’arrêter semble presque impossible ?
L’art difficile du repos
Nous, les femmes, on est fortes. Mais aujourd’hui, je m’adresse particulièrement à ces femmes-là : celles qui donnent, qui redonnent encore et encore pendant qu’elles ne reçoivent derrière que des miettes, voire rien du tout. Je m’adresse aux femmes qui s’oublient. Celles qui se sentent seules, épuisées, fatiguées, incomprises. Très souvent, quand tu donnes beaucoup, tu t’épuises. Et parfois, tu ne t’en rends même pas compte. Je crois que c’est important de prendre soin de soi. Pas seulement pour “faire une pause”, mais pour se retrouver, se ressourcer, se rappeler qu’on existe aussi en dehors de ce qu’on donne aux autres. On nous le dit souvent, aux femmes comme nous :
“Repose-toi.”
“Tu as le droit de dire non.”
“Tu peux t’arrêter si tu veux.”
Oui, mais comment ? Comment s’arrêter quand il y a tous ces enjeux ? Comment s’arrêter si, après, il faut porter le poids des conséquences de cet arrêt ? Comment se reposer réellement quand, d’une certaine manière, tout repose sur nous ? Comment faire comprendre cela aux personnes autour de nous sans qu’on pense tout de suite qu’on souffre du syndrome du sauveur ? Parfois, ça va au-delà de ça. On a envie de s’arrêter, mais on n’y arrive pas. Ou plutôt, on a déjà essayé, mais la réalité nous rattrape. Et on ne sait plus comment faire. On ne sait pas comment se décharger, comment se reposer, comment s’arrêter pour de vrai. Alors on lève la tête pour reprendre notre souffle, comme un nageur qui remonte à la surface. Puis on repart de plus belle, sans être réellement remplie. Alors qu’au fond, ce que l’on souhaite, c’est simplement s’arrêter complètement.
Arrêter ce rythme effréné,
Arrêter d’avancer au rythme que l’on nous impose, et enfin avancer au rythme que nous souhaitons.
Quand les autres ne comprennent pas notre pause
Pour les femmes comme nous, s’arrêter suscite souvent de l’incompréhension autour de nous. Tu essaies de penser à toi, de te préserver, mais comme les autres ont pris l’habitude que tu sois toujours là, toujours disponible, cela peut être mal compris, mal perçu par ceux qu’on aime, ceux qui nous aiment, ou ceux qu’on pensait qu’ils nous aimaient. Vouloir s’arrêter met aussi en lumière ceux qui tiennent réellement à nous. Nos proches auront peut-être du mal à comprendre au début. Peut-être qu’ils seront surpris, peut-être qu’ils ne sauront pas tout de suite comment réagir. Mais avec le temps, ils finiront par comprendre. Parfois, on pense que les gens ne comprendront pas, parce qu’on a déjà nos propres appréhensions. On a peur qu’ils le prennent mal, tout simplement parce que nous-mêmes, nous avons été habituées à être là pour les autres. Mais en vérité, dans cette période de repos, ceux qui nous aiment vraiment seront là. De près ou de loin, ils penseront à nous. Ils feront l’effort de comprendre ce temps de pause dont nous avons besoin. Il ne faut pas avoir peur de s’arrêter ou de prendre une pause par crainte que les autres le prennent mal. Ceux qui nous aiment comprendront. Quand c’est trop pour nous, quand on sent qu’on ne peut plus, il faut savoir se stopper pour y voir plus clair. Peut-être qu’après un vrai temps de pause et de récupération, on reprendra. Peut-être aussi qu’on s’arrêtera complètement, pour aller vers quelque chose qui nous convient davantage.
Vivre sa vie à son rythme
Nous ne sommes pas destinées à faire tout le temps la même chose. La vie est faite de saisons, et chaque saison a une durée déterminée. Il faut apprendre à être attentive à ces saisons, à reconnaître quand l’une d’elles se termine, et à ne pas rester attachée à une étape simplement parce qu’on a peur de décevoir les autres. Je pense qu’il est important de se sentir à l’aise dans sa propre vie. De faire des choix alignés avec ce que l’on veut vraiment, au fond de notre cœur, et non plus seulement en fonction de ce que les autres attendent de nous, disent de nous ou projettent sur nous. Personne ne doit décider à notre place, personne ne peut vivre notre vie à notre place. Nous sommes chacune maîtresses de nos propres vies. Et nos vies méritent d’être pleinement vécues, avec les dons, la personnalité, la sensibilité et la force que nous avons reçus.

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