Ce que le repos m’a appris sur moi

Quand s’arrêter devient nécessaire 

Je n’ai pas choisi de m’arrêter, mais j’ai été obligée de le faire. Avec du recul, je pense que j’en avais réellement besoin. Pendant longtemps, j’ai eu l’impression que ma place dans la vie, c’était d’être là pour les autres : Être celle qui écoute, celle qui conseille, celle qui soutient, celle qui aide à régler les problèmes. Au début, je pensais que c’était une force, mais à la longue, c’est devenu un poids. Je me suis rendue compte que j’avais appris à faire passer les autres avant moi, que mes choix n’étaient pas vraiment les miens. Je faisais des choix qui arrangeaient les autres, des choix qui correspondaient à ce qu’on attendait de moi. Pas forcément des choix qui me faisaient du bien. Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à m’épuiser. J’étais fatiguée physiquement, mais surtout intérieurement.

Apprendre à ne plus tout porter

J’ai dis cette phrase un jour à un être qui compte pour moi : “Je ne me sens pas libre, car j’ai l’impression que ma vie dépend du bonheur des autres.”. C’est à ce moment que j’ai commencé à comprendre que je ne vivais pas pleinement ma vie, mais plutôt une version de moi adaptée aux attentes des autres. Le repos m’a obligée à me poser des questions que j’évitais. Qui suis-je vraiment, en dehors de ce que j’apporte aux autres ? Est-ce que mes envies comptent ? Est-ce que j’ai le droit de choisir pour moi, sans culpabiliser ? Pendant longtemps, j’ai aussi cru que pour plaire à Dieu, il fallait toujours faire plus. Plus d’efforts, plus de sacrifices, plus de discipline, comme si l’amour de Dieu se méritait. Mais au fond, cette manière de penser m’a aussi épuisée. Parce que même dans ma relation avec Dieu, je ne me sentais pas totalement libre. J’ai commencé à comprendre quelque chose d’essentiel : le repos, ce n’est pas juste s’arrêter physiquement. C’est aussi apprendre à sortir de cette pression constante de devoir être parfaite, utile et irréprochable. Le repos m’a appris que je ne suis pas obligée de tout porter et je ne suis pas responsable du bonheur de tout le monde. En effet, mes besoins comptent aussi et surtout, prendre soin de moi ne signifie pas être égoïste.

Choisir une autre manière de vivre

J’ai aussi compris que certaines situations qui me fatiguaient n’étaient pas normales, et qu’au lieu de m’adapter encore plus, je pouvais aussi choisir de les remettre en question, ou même de m’en éloigner. Aujourd’hui, je suis à une forme de croisée des chemins : entre une ancienne manière de vivre, où je m’oubliais beaucoup, et une nouvelle, où j’apprends à me choisir sans culpabiliser. Honnêtement, ce n’est pas toujours confortable, car par moment la peur se fait ressentir. Mais en même temps, il y a aussi autre chose : un désir profond de paix, de calme et de repos. Je crois que ce que j’apprends aujourd’hui, c’est qu’il est possible de vivre autrement. De travailler, d’aimer, de donner… sans s’épuiser, et surtout que Dieu ne me demande pas de me perdre pour Lui plaire.
Ce que je comprends aujourd’hui, c’est que le repos n’est pas un frein, mais plutôt un chemin. Un chemin qui permet de voir plus clair, de se retrouver, et de faire des choix plus justes. Je ne pense pas encore avoir toutes les réponses, mais je sais une chose : je ne veux plus vivre dans l’épuisement. Je veux apprendre à vivre dans le repos.

 

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